L'entretien

 

Par J. SANCHEZ
Webmestre de VOTANTS.COM

 

 

|

|


Présidentielle 2002 : VOTANTS.COM reçoit Jean-Marie LE PEN

5e partie (suite logique de la 4e) : 1963, Après la défaite des partisans de l'Algérie Française aux législatives, Jean-Marie LE PEN crée la SERP :

"Ce que je cherchais et que j'ai cherché toute ma vie c'était la liberté, c'est de ne jamais devoir obéir à quelque ordre ou à quelque consigne que ce soit (...)"

> 1962 : Vous êtes battu aux élections…
> Tout à fait. Il y a alors dissolution. D'ailleurs je ne ferai jamais une législature complète (ni en 1956, ni en 1958, ni en 1986) à chaque fois il y aura une dissolution. Et cette dissolution de 1962 est fatale aux partisans de l'Algérie Française puisqu'ils sont tous battus et que les Gaullistes (partisans de la politique Algérienne du Général DE GAULLE parce qu'elle est interprétée par le peuple comme la paix) les ont balayés (par exemple à Paris, sur 21 députés, il y a 21 UNR, c'est-à-dire Gaullistes).

> En 1963, vous choisissez de fonder la SERP (la Société d'Etudes et de Relations Publiques) : une maison d'édition en fait phonographique spécialisée dans l'Histoire contemporaine et l'évocation historique. Alors, on le voit, dans vos meetings, vos réunions, vous ne manquez pas de citations, de références historiques que vous faîtes de surcroît de tête (car il faut le préciser la majorité de vos discours n'est pas écrite). On voit ici (dans votre bureau) qu'il y a des livres sur l'Histoire de l'Afrique, d'autres objets relatifs à l'Histoire… L'Histoire c'est pour vous une passion…
> La première raison pour laquelle j'ai fondé la SERP c'est que, ayant perdu mon siège de Député, ne m'étant pas préoccupé d'exercer une autre profession (tant j'étais engagé en quelque sorte dans l'action), je ne m'étais pas inscrit au barreau et il fallait donc (car entre-temps je m'étais marié et j'avais eu une petite fille) que je subvienne aux besoins de mon ménage et quand on est un opposant de Droite Nationale (déjà à l'époque) on ne trouve pas facilement des bras pour vous accueillir. C'est ce qui m'a amené à fonder ma propre entreprise qui a été cette maison de disques historiques, politiques et de musiques militaires (c'est-à-dire occupant un créneau qui avait été il faut bien le dire négligé par les grandes sociétés de disques) en me construisant en quelque sorte une clientèle d'amateurs de discours politiques et de musiques et documents historiques dans lesquels je me suis fait une spécialité qui a été reconnue d'ailleurs - même par les académies puisque j'ai reçu plusieurs fois des prix de l'Académie du disque, de l'Académie Charles CROS pour le travail que j'accomplissais avec 2 ou 3 personnes dont mon camarade Pierre DURAND (qui est aujourd'hui hélas disparu) qui était mon fidèle compagnon - . Nous faisions ça à 3 ou 4 (c'est-à-dire qu'il y avait nous deux, une secrétaire et un comptable). Et on faisait cette petite maison de Vente par correspondance qui s'est perpétuée pratiquement jusqu'à maintenant. D'ailleurs je faisais ça professionnellement de façon très éclectique car s'il est vrai que je n'exerçais aucune censure sur les sujets qui sont aujourd'hui mis à l'annexe, eh bien j'ai consacré un disque à POMPIDOU, un à MITTERRAND, un à GISCARD, un à TIXIER-VIGNANCOURT, un à LENINE, un à CHURCHILL, un à HITLER… bref à tous les gens qui ont marqué leur temps… Et de la même manière j'ai fait 12 disques des discours du Général DE GAULLE qui n'était pas à ce moment-là un de mes amis politiques. Je l'ai fait avec je crois un scrupule qui a été reconnu : j'ai fait l'Histoire d'Israël en 3 disques, l'Histoire de la Guerre d'Indochine, l'Histoire de la Guerre d'Algérie… Beaucoup de documents, j'ai dû faire plus de 100 30cm… Et j'ai fait aussi une collection de musiques militaires d'abord (d'une très très bonne qualité) et de musiques de cuivres. Ce que j'avais recherché dans cette activité, ce n'était pas de devenir un des rois de l'édition. D'ailleurs, quand Alan STIVEL qui est devenu depuis une très grande vedette m'avait demandé de faire un disque, je lui avais expliqué qu'il ne fallait pas qu'il fasse ce disque chez moi, car ma connotation politique pouvait lui nuire. Je crois qu'il m'en avait beaucoup voulu à l'époque… Eh bien c'est sûr que je suis passé à côté d'un grand succès mais ce que je cherchais ce n'était pas l'argent. Ce que je cherchais et que j'ai cherché toute ma vie c'était la liberté, c'est de ne jamais devoir obéir à quelque ordre ou à quelque consigne que ce soit. Respectueux de la notion de discipline, je suis en même temps libertaire : autrement dit, toutes les disciplines indispensables mais seulement elles. C'est d'ailleurs ce qui explique cette espèce de résistance que j'oppose tout naturellement aux ukases, aux mots d'ordre, aux censures qu'ils viennent des lobbies financier, politique, philosophique ou autres : je suis un homme libre. Je me suis gardé libre toute ma vie et je crois n'avoir été salarié que 2 ans parce que j'avais besoin, après la campagne de la candidature TIXIER-VIGNANCOUR (de laquelle j'avais été le promoteur et le secrétaire général et à laquelle j'avais consacré des années au détriment de ma société) d'arrondir mes fins de mois et je dois dire que c'est à ce moment-là que d'abord Jean-François DEVET, le directeur de Minute et ensuite Raymond BOURGINES, patron de Valeurs actuelles et de spectacles du Monde m'ont offert une collaboration à mi-temps comme directeur de la promotion et de la publicité mais c'est la seule exception dans ma vie. C'est une préoccupation que m'a avoué avoir eue toute sa vie aussi Robert HERSENT qui m'a dit " moi, toute ma vie, j'ai cherché à être mon propre patron ". Il faut dire qu'il l'a été à un niveau de réussite financière beaucoup plus important que moi mais moi j'ai eu une vie politique et lui non. Si, il a été député mais il n'a pas été le leader que peut-être au fond de lui-même il aurait souhaité être à un moment ou à un autre.

 

 

Vous voulez réagir à cette cinquième partie de l'interview ??? Alors n'hésitez pas à le faire en allant sur le forum où vous pouvez, si vous le souhaitez, rester anonyme !

Chaque partie de l'interview paraît sur le site le mercredi soir. Cependant, si vous n'avez pas la patience d'attendre et que vous êtes resté sur votre faim, vous pouvez aussi décider de recevoir en exclusivité les parties de l'interview un jour avant leur mise à disposition sur le site en me contactant par téléphone (06.81.33.24.15) ou par e-mail (julien.sanchez@libertysurf.fr)

Enfin, si vous trouvez cette interview réussie, vous pouvez décider d'en parler à vos amis en leur recommandant le site ! Pour cela, il vous suffit de cliquer ici...

A Bientôt pour la suite...

Le Créateur/Administrateur du site : Julien SANCHEZ (julien.sanchez@libertysurf.fr)
- Tél. : 06.81.33.24.15 -