5e partie (suite logique de la 4e) : 1963, Après la défaite des
partisans de l'Algérie Française aux
législatives, Jean-Marie LE PEN crée la SERP
:
"Ce que je cherchais et que j'ai
cherché toute ma vie c'était la
liberté, c'est de ne jamais devoir obéir
à quelque ordre ou à quelque consigne que ce
soit (...)"
> 1962 :
Vous êtes battu aux élections…
> Tout à fait. Il y a alors dissolution.
D'ailleurs je ne ferai jamais une législature
complète (ni en 1956, ni en 1958, ni en 1986)
à chaque fois il y aura une dissolution. Et cette
dissolution de 1962 est fatale aux partisans de
l'Algérie Française puisqu'ils sont tous
battus et que les Gaullistes (partisans de la politique
Algérienne du Général DE GAULLE parce
qu'elle est interprétée par le peuple comme la
paix) les ont balayés (par exemple à Paris,
sur 21 députés, il y a 21 UNR,
c'est-à-dire Gaullistes).
> En 1963,
vous choisissez de fonder la SERP (la Société
d'Etudes et de Relations Publiques) : une maison
d'édition en fait phonographique
spécialisée dans l'Histoire contemporaine et
l'évocation historique. Alors, on le voit, dans vos
meetings, vos réunions, vous ne manquez pas de
citations, de références historiques que vous
faîtes de surcroît de tête (car il faut le
préciser la majorité de vos discours n'est pas
écrite). On voit ici (dans votre bureau) qu'il y a
des livres sur l'Histoire de l'Afrique, d'autres objets
relatifs à l'Histoire… L'Histoire c'est pour vous une
passion…
> La première raison pour laquelle j'ai
fondé la SERP c'est que, ayant perdu mon siège
de Député, ne m'étant pas
préoccupé d'exercer une autre profession (tant
j'étais engagé en quelque sorte dans
l'action), je ne m'étais pas inscrit au barreau et il
fallait donc (car entre-temps je m'étais marié
et j'avais eu une petite fille) que je subvienne aux besoins
de mon ménage et quand on est un opposant de Droite
Nationale (déjà à l'époque) on
ne trouve pas facilement des bras pour vous accueillir.
C'est ce qui m'a amené à fonder ma propre
entreprise qui a été cette maison de disques
historiques, politiques et de musiques militaires
(c'est-à-dire occupant un créneau qui avait
été il faut bien le dire négligé
par les grandes sociétés de disques) en me
construisant en quelque sorte une clientèle
d'amateurs de discours politiques et de musiques et
documents historiques dans lesquels je me suis fait une
spécialité qui a été reconnue
d'ailleurs - même par les académies puisque
j'ai reçu plusieurs fois des prix de
l'Académie du disque, de l'Académie Charles
CROS pour le travail que j'accomplissais avec 2 ou 3
personnes dont mon camarade Pierre DURAND (qui est
aujourd'hui hélas disparu) qui était mon
fidèle compagnon - . Nous faisions ça à
3 ou 4 (c'est-à-dire qu'il y avait nous deux, une
secrétaire et un comptable). Et on faisait cette
petite maison de Vente par correspondance qui s'est
perpétuée pratiquement jusqu'à
maintenant. D'ailleurs je faisais ça
professionnellement de façon très
éclectique car s'il est vrai que je n'exerçais
aucune censure sur les sujets qui sont aujourd'hui mis
à l'annexe, eh bien j'ai consacré un disque
à POMPIDOU, un à MITTERRAND, un à
GISCARD, un à TIXIER-VIGNANCOURT, un à LENINE,
un à CHURCHILL, un à HITLER… bref à
tous les gens qui ont marqué leur temps… Et de la
même manière j'ai fait 12 disques des discours
du Général DE GAULLE qui n'était pas
à ce moment-là un de mes amis politiques. Je
l'ai fait avec je crois un scrupule qui a été
reconnu : j'ai fait l'Histoire d'Israël en 3 disques,
l'Histoire de la Guerre d'Indochine, l'Histoire de la Guerre
d'Algérie… Beaucoup de documents, j'ai dû faire
plus de 100 30cm… Et j'ai fait aussi une collection de
musiques militaires d'abord (d'une très très
bonne qualité) et de musiques de cuivres. Ce que
j'avais recherché dans cette activité, ce
n'était pas de devenir un des rois de
l'édition. D'ailleurs, quand Alan STIVEL qui est
devenu depuis une très grande vedette m'avait
demandé de faire un disque, je lui avais
expliqué qu'il ne fallait pas qu'il fasse ce disque
chez moi, car ma connotation politique pouvait lui nuire. Je
crois qu'il m'en avait beaucoup voulu à
l'époque… Eh bien c'est sûr que je suis
passé à côté d'un grand
succès mais ce que je cherchais ce n'était pas
l'argent. Ce que je cherchais et que j'ai cherché
toute ma vie c'était la liberté, c'est de ne
jamais devoir obéir à quelque ordre ou
à quelque consigne que ce soit. Respectueux de la
notion de discipline, je suis en même temps libertaire
: autrement dit, toutes les disciplines indispensables mais
seulement elles. C'est d'ailleurs ce qui explique cette
espèce de résistance que j'oppose tout
naturellement aux ukases, aux mots d'ordre, aux censures
qu'ils viennent des lobbies financier, politique,
philosophique ou autres : je suis un homme libre. Je me suis
gardé libre toute ma vie et je crois n'avoir
été salarié que 2 ans parce que j'avais
besoin, après la campagne de la candidature
TIXIER-VIGNANCOUR (de laquelle j'avais été le
promoteur et le secrétaire général et
à laquelle j'avais consacré des années
au détriment de ma société) d'arrondir
mes fins de mois et je dois dire que c'est à ce
moment-là que d'abord Jean-François DEVET, le
directeur de Minute et ensuite Raymond BOURGINES, patron de
Valeurs actuelles et de spectacles du Monde m'ont offert une
collaboration à mi-temps comme directeur de la
promotion et de la publicité mais c'est la seule
exception dans ma vie. C'est une préoccupation que
m'a avoué avoir eue toute sa vie aussi Robert HERSENT
qui m'a dit " moi, toute ma vie, j'ai cherché
à être mon propre patron ". Il faut dire qu'il
l'a été à un niveau de réussite
financière beaucoup plus important que moi mais moi
j'ai eu une vie politique et lui non. Si, il a
été député mais il n'a pas
été le leader que peut-être au fond de
lui-même il aurait souhaité être à
un moment ou à un autre.
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