L'entretien

 

Par J. SANCHEZ
Webmestre de VOTANTS.COM

 

 

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Présidentielle 2002 : VOTANTS.COM reçoit Jean-Marie LE PEN

4e partie (suite logique de la 3e) : 1956-1958, l'Algérie, Suez et le temps des premiers succès :

"Je suis quand même apprécié de la population, la preuve, c'est qu'elle m'a élu (...)"

> Votre première élection à la députation, c'était donc en janvier 1956, vous aviez 27 ans. C'est en fait pour vous la consécration…
> Ce n'est pas une consécration, c'est le début d'une vie politique.

> Et pourquoi avoir choisi cette circonscription ?
> Parce que je suis un homme du quartier Latin. D'ailleurs en 1958, je serai réélu (alors là du 5e arrondissement) puisque le mode de scrutin va changer. Nous ne sommes plus à la proportionnelle. En 1956, je suis un des Députés du 1er secteur (c'est la rive Gauche de Paris) ; en 1958 je serai Député du 5e arrondissement, du quartier Latin où je suis très connu parce que j'y ai vécu pendant plusieurs années (même de façon turbulente). Je suis quand même apprécié de la population, la preuve, c'est qu'elle m'a élu. Entre-temps, entre 1956 et 1958, je me suis séparé du mouvement POUJADE et je me suis engagé avec mon collègue DESMARQUET et un autre collègue radical (Constant LECOEUR) en Algérie où j'ai retrouvé mon bataillon devenu régiment : le premier régiment étranger de parachutistes qui était à ce moment-là commandé par le Colonel JEAN-PIERRE qui d'ailleurs sera tué en 1958 en opération. Avant de servir en Algérie, je vais suivre mon unité qui part pour Suez. Je participerai donc à l'opération de Suez (tout à fait au premier rang puisque je suis de la première vague qui arrive sur la plage de Port-Fouad). J'ajoute donc à mes expériences diverses (rires) celle d'officier parachutiste de la Légion étrangère, ce dont je suis, je dois le dire, très fier.

> Et donc, pour revenir à 1956, votre suppléant était le Commandant Roger SAUVAGE, c'est ça ?
> C'est ça. Mon deuxième de liste était le Commandant Roger SAUVAGE qui était un martiniquais qui avait été pilote à l'escadrille Normandie/Niémen pendant la Guerre et qui était un anti-Communistes convaincu (rires).

> Comme on le voit sur votre site Internet de campagne (lepen.tv), vous êtes attaché à l'idée de patrie, un attachement que peu d'hommes politiques semblent avoir aujourd'hui on peut le dire…
> Hélas !
> Vous quittez donc peu après votre élection les bancs de l'Assemblée en 1956. A cette époque, c'est pour vous un devoir. Vous vous portez volontaire pour vous battre avec les appelés et les rappelés du contingent pour la défense de l'Algérie Française. Simple question : pourquoi ?
> Eh bien, parce que cela me semblait aller de soi. J'avais été officier quelques mois auparavant en Indochine. J'avais donc je crois la force de le faire et je trouvais normal que des Députés (qui envoyaient les jeunes gens du contingent à tous risques en Algérie) les accompagnent et puissent partager leur sort, leurs risques.

> Donc là, vous obtenez la Croix de la Valeur Militaire, c'est cela ?
> Absolument, oui. Une Croix que me remet d'ailleurs le Général MASSU devant les officiers de mon régiment. Au retour, en 1957/1958, je suis réélu et je suis là rapporteur du budget de la Guerre à l'Assemblée Nationale et rapporteur du budget de la défense au Sénat de la communauté (car à ce moment-là il y a une communauté des Etats franco-africains). Une assemblée qui s'appelle Sénat de la Communauté dans laquelle on me confie cette responsabilité importante. J'aurai l'occasion de faire plusieurs missions bien sûr en Algérie et, au cours de l'une d'elles d'ailleurs, je vais, après les barricades, diriger la campagne électorale de la femme de Pierre LAGAILLARDE. Pierre LAGAILLARDE à qui j'avais conseillé de se présenter mais qui en a été empêché par l'on peut dire une loi ad persona, une loi ad hominem. Et elle obtient un succès extraordinaire puisqu'elle fait à Alger (ce sont des élections cantonales), mais, avec sa liste, elle va faire 92% des voix, ce qui va permettre la mise en liberté de Pierre LAGAILLARDE qui d'ailleurs s'empressera d'en profiter pour gagner l'Espagne (mais ça c'est son problème, ça n'était plus le mien).

> D'accord… (rires). Donc, en 1958, vous siégiez au Groupe CNIP (le Groupe du Cercle National des Indépendants et Paysans)…
> Voilà. En 1958, je suis élu comme Député de façon indépendante. Je suis vraiment un indépendant des indépendants puisque j'ai un candidat investi par le CNI contre moi. Néanmoins, j'adhère au Groupe parlementaire du CNI puis, je deviendrai, par une espèce de suite logique des choses, membre du Comité directeur du CNI dont le Président est alors Antoine PINAY.

> Quelles ont été vos missions de Député pendant cette période ? De quelles tâches accomplies êtes-vous le plus fier ? En gros : le Député LE PEN, sa vie, son œuvre…
> Eh bien écoutez je suis intervenu comme parlementaire d'abord pour défendre en 1956 notamment mes camarades Poujadistes qui étaient invalidés de façon absolument scandaleuse pour les faire remplacer par des Socialistes. Et, souvent, pour la défense de l'Algérie Française (qui est à ce moment-là le grand débat Français : débat pour lequel je me suis engagé). J'ai d'ailleurs, en 1957, puisque j'ai fait ce choix, présenté à Paris, dans le 2e secteur de Paris, la candidature pour une élection partielle d'Ahmed DJEBOUR (Français musulman) qui quelques semaines plus tard sera très grièvement blessé par le FLN dans un attentat et que j'emmènerai en Bretagne chez ma mère pour le soustraire à la vindicte de ses coreligionnaires.

 

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