4e partie (suite logique de la 3e) : 1956-1958, l'Algérie, Suez et le
temps des premiers succès :
"Je suis quand même
apprécié de la population, la preuve, c'est
qu'elle m'a élu (...)"
> Votre
première élection à la
députation, c'était donc en janvier 1956, vous
aviez 27 ans. C'est en fait pour vous la
consécration…
> Ce n'est pas une consécration, c'est le
début d'une vie politique.
> Et
pourquoi avoir choisi cette circonscription ?
> Parce que je suis un homme du quartier Latin.
D'ailleurs en 1958, je serai réélu (alors
là du 5e arrondissement) puisque le mode de scrutin
va changer. Nous ne sommes plus à la proportionnelle.
En 1956, je suis un des Députés du 1er secteur
(c'est la rive Gauche de Paris) ; en 1958 je serai
Député du 5e arrondissement, du quartier Latin
où je suis très connu parce que j'y ai
vécu pendant plusieurs années (même de
façon turbulente). Je suis quand même
apprécié de la population, la preuve, c'est
qu'elle m'a élu. Entre-temps, entre 1956 et 1958, je
me suis séparé du mouvement POUJADE et je me
suis engagé avec mon collègue DESMARQUET et un
autre collègue radical (Constant LECOEUR) en
Algérie où j'ai retrouvé mon bataillon
devenu régiment : le premier régiment
étranger de parachutistes qui était à
ce moment-là commandé par le Colonel
JEAN-PIERRE qui d'ailleurs sera tué en 1958 en
opération. Avant de servir en Algérie, je vais
suivre mon unité qui part pour Suez. Je participerai
donc à l'opération de Suez (tout à fait
au premier rang puisque je suis de la première vague
qui arrive sur la plage de Port-Fouad). J'ajoute donc
à mes expériences diverses (rires) celle
d'officier parachutiste de la Légion
étrangère, ce dont je suis, je dois le dire,
très fier.
> Et donc,
pour revenir à 1956, votre suppléant
était le Commandant Roger SAUVAGE, c'est ça
?
> C'est ça. Mon deuxième de liste
était le Commandant Roger SAUVAGE qui était un
martiniquais qui avait été pilote à
l'escadrille Normandie/Niémen pendant la Guerre et
qui était un anti-Communistes convaincu
(rires).
> Comme on
le voit sur votre site Internet de campagne (lepen.tv), vous
êtes attaché à l'idée de patrie,
un attachement que peu d'hommes politiques semblent avoir
aujourd'hui on peut le dire…
> Hélas !
> Vous quittez donc peu après votre
élection les bancs de l'Assemblée en 1956. A
cette époque, c'est pour vous un devoir. Vous vous
portez volontaire pour vous battre avec les appelés
et les rappelés du contingent pour la défense
de l'Algérie Française. Simple question :
pourquoi ?
> Eh bien, parce que cela me semblait aller de soi.
J'avais été officier quelques mois auparavant
en Indochine. J'avais donc je crois la force de le faire et
je trouvais normal que des Députés (qui
envoyaient les jeunes gens du contingent à tous
risques en Algérie) les accompagnent et puissent
partager leur sort, leurs risques.
> Donc
là, vous obtenez la Croix de la Valeur Militaire,
c'est cela ?
> Absolument, oui. Une Croix que me remet d'ailleurs le
Général MASSU devant les officiers de mon
régiment. Au retour, en 1957/1958, je suis
réélu et je suis là rapporteur du
budget de la Guerre à l'Assemblée Nationale et
rapporteur du budget de la défense au Sénat de
la communauté (car à ce moment-là il y
a une communauté des Etats franco-africains). Une
assemblée qui s'appelle Sénat de la
Communauté dans laquelle on me confie cette
responsabilité importante. J'aurai l'occasion de
faire plusieurs missions bien sûr en Algérie
et, au cours de l'une d'elles d'ailleurs, je vais,
après les barricades, diriger la campagne
électorale de la femme de Pierre LAGAILLARDE. Pierre
LAGAILLARDE à qui j'avais conseillé de se
présenter mais qui en a été
empêché par l'on peut dire une loi ad persona,
une loi ad hominem. Et elle obtient un succès
extraordinaire puisqu'elle fait à Alger (ce sont des
élections cantonales), mais, avec sa liste, elle va
faire 92% des voix, ce qui va permettre la mise en
liberté de Pierre LAGAILLARDE qui d'ailleurs
s'empressera d'en profiter pour gagner l'Espagne (mais
ça c'est son problème, ça
n'était plus le mien).
> D'accord…
(rires). Donc, en 1958, vous siégiez au Groupe CNIP
(le Groupe du Cercle National des Indépendants et
Paysans)…
> Voilà. En 1958, je suis élu comme
Député de façon indépendante. Je
suis vraiment un indépendant des indépendants
puisque j'ai un candidat investi par le CNI contre moi.
Néanmoins, j'adhère au Groupe parlementaire du
CNI puis, je deviendrai, par une espèce de suite
logique des choses, membre du Comité directeur du CNI
dont le Président est alors Antoine PINAY.
> Quelles
ont été vos missions de Député
pendant cette période ? De quelles tâches
accomplies êtes-vous le plus fier ? En gros : le
Député LE PEN, sa vie, son œuvre…
> Eh bien écoutez je suis intervenu comme
parlementaire d'abord pour défendre en 1956 notamment
mes camarades Poujadistes qui étaient
invalidés de façon absolument scandaleuse pour
les faire remplacer par des Socialistes. Et, souvent, pour
la défense de l'Algérie Française (qui
est à ce moment-là le grand débat
Français : débat pour lequel je me suis
engagé). J'ai d'ailleurs, en 1957, puisque j'ai fait
ce choix, présenté à Paris, dans le 2e
secteur de Paris, la candidature pour une élection
partielle d'Ahmed DJEBOUR (Français musulman) qui
quelques semaines plus tard sera très
grièvement blessé par le FLN dans un attentat
et que j'emmènerai en Bretagne chez ma mère
pour le soustraire à la vindicte de ses
coreligionnaires.
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