3e partie (suite logique de la
2nde) : Hollande, Indochine. Les
premières actions politiques et citoyennes de
Jean-Marie LE PEN :
Au sujet de la Hollande : "Je ressentais cette catastrophe comme me
touchant personnellement puisque membre de ce continent
(...)"
> 1953 : De
tragiques inondations submergent les Pays-Bas. Vous avez 25
ans et prenez alors une initiative fort louable, laquelle
?
> Eh bien à ce moment-là, l'on parle
beaucoup de l'Europe. L'Europe est à la mode dans les
salons (mais seulement dans les salons) et quand je vois,
j'apprends par la presse en manchettes énormes en
remontant le boulevard St-Michel qu'il y a des inondations
en Hollande, l'idée me vient que l'occasion est
inespérée pour des jeunes Français, des
jeunes étudiants, de montrer qu'ils ressentent cette
catastrophe comme les touchant personnellement puisque
membres de ce continent et que l'aspect apolitique de
l'agression rendait plus facile une réaction de
solidarité et de sympathie. Je suis alors
entré dans un café et j'ai
téléphoné avec un culot monstre en
demandant à ce qu'on me passe le Président de
la République Vincent AURIOL. Et, miracle (en quelque
sorte), on me l'a passé. On me l'a passé car
j'avais annoncé que j'étais Président
de la CORPO et le Président AURIOL avait
été Président de l'AG de Toulouse, ce
qui créait bien sûr un lien entre nous. Le
Président m'a dit " je dois m'en aller, qu'est-ce que
je peux faire pour toi ? ". J'ai dit " Ben voilà,
j'ai eu l'idée que nous allions en Hollande (etc.)
mais nous n'avons rien, nous n'avons pas d'argent, nous
n'avons pas… ". Il me dit " Ecoute, je m'occupe de tout
ça, je passe les consignes à PLEVEN etc. et on
va vous aider à faire ça ! ". Et ce qui a
été je crois ce dont je suis le plus
flatté, c'est qu'après avoir fait le
recrutement, la sélection, l'équipement, j'ai
pu amener sur le terrain en Hollande une unité de 40
volontaires équipée, autonome,
c'est-à-dire ne demandant rien (contrairement
à ce que font souvent ceux qui viennent en aide aux
gens qui viennent mais à qui il faut tout fournir :
il faut les loger, leur donner à manger, les soigner,
etc.). Nous, nous étions autonomes et j'ai
demandé au Ministre des eaux pour que notre geste
soit vraiment ce qu'il voulait être :
c'est-à-dire un geste hautement symbolique que nous
allions dans l'endroit le plus dangereux qui se trouvait
à ce moment-là être l'île de
chouvenduvland en Zélande. C'est ce que nous avons
fait et ensuite, après avoir travaillé
durement pendant 15 jours sur les digues, dans l'eau, nous
avons été invités dans les
universités hollandaises (c'était un pays qui
n'aimait pas beaucoup les Français) un peu comme des
libérateurs et nous avons rendu en quelque sorte (et
j'avais insisté pour que ça se passe ainsi
auprès de ceux qui souhaitaient rentrer tout de suite
en France après leur travail), j'avais dit " nous
avons eu la chance de pouvoir faire ça grâce
à la France, eh bien nous devons le lui rendre en
quelque sorte par une ambassade. Il faut que notre geste
soit connu. Il ne suffit pas de savoir faire, il faut faire
savoir ".
> 1955 :
Vous êtes le Délégué
Général de l'Union de Défense de la
Jeunesse Française…
> Oui, mais avant cela je suis parti en Indochine.
Après avoir été à l'école
d'officier de Saint-Maixent, je suis parti en Indochine dont
je reviens (je suis parti au premier bataillon
étranger de parachutiste comme sous-lieutenant et
j'emmène d'ailleurs avec moi - c'est une des
conditions que je mets à mon engagement -
j'amène mes deux camarades PEYRAT - qui sera le Maire
de Nice - et PETIT qui sera tué comme lieutenant en
Algérie plus tard). Et c'est au retour d'Indochine
que j'ai l'intention de me présenter aux
élections, que je rencontre Pierre POUJADE qui me
demande de le faire sous son égide et qui me confie
immédiatement la direction d'une des 5 unions
parallèles qui composait le mouvement POUJADE (avec
l'union de défense des commerçants et
artisans, l'union des paysans, l'union des familles, l'union
des professions libérales et l'union des
travailleurs) : l'Union de Défense de la Jeunesse
Française. Et, c'est sous cette fonction que je me
présente aux élections législatives
comme candidat dans le premier secteur de Paris (le 1er
secteur de la Seine) où après une campagne
où l'on m'a envoyé contre tous les
poids-lourds de l'établissement puisque j'ai
été porter la contradiction à
Besançon à Monsieur MAINGEOT qui est Ministre
du Travail, à Nevers porter la contradiction à
François MITTERRAND et à Lons-le-Saunier au
Président du Conseil sortant Edgar FAURE, je suis
élu Député de Paris donc à
l'âge de 27 ans et je deviens si vous voulez en
quelque sorte le leader du groupe parlementaire (puisque ce
groupe est composé essentiellement de
commerçants, d'artisans qui n'ont pas
l'expérience que j'ai de la tribune). Je dois dire
que je suis projeté tout de suite dans la position
d'un leader parlementaire sous la pression en quelque sorte
de la nécessité.
Vous voulez
réagir à cette troisième
partie de l'interview
??? Alors n'hésitez pas à le faire
en allant sur le
forum où vous
pouvez, si vous le souhaitez, rester anonyme !
Chaque partie
de l'interview paraît sur le site le mercredi soir.
Cependant, si vous n'avez pas la patience d'attendre et que
vous êtes resté sur votre faim, vous pouvez
aussi décider de recevoir en exclusivité les
parties de l'interview un jour avant leur mise à
disposition sur le site en me contactant par
téléphone (06.81.33.24.15) ou par e-mail
(julien.sanchez@libertysurf.fr)
Enfin, si vous
trouvez cette interview réussie, vous pouvez
décider d'en parler à vos amis en
leur recommandant le site ! Pour cela,
il vous suffit de
cliquer ici...
A Bientôt
pour la suite...