L'entretien

 

Par J. SANCHEZ
Webmestre de VOTANTS.COM

 

 

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Présidentielle 2002 : VOTANTS.COM reçoit Jean-Marie LE PEN

3e partie (suite logique de la 2nde) : Hollande, Indochine. Les premières actions politiques et citoyennes de Jean-Marie LE PEN :

Au sujet de la Hollande : "Je ressentais cette catastrophe comme me touchant personnellement puisque membre de ce continent (...)"

> 1953 : De tragiques inondations submergent les Pays-Bas. Vous avez 25 ans et prenez alors une initiative fort louable, laquelle ?
> Eh bien à ce moment-là, l'on parle beaucoup de l'Europe. L'Europe est à la mode dans les salons (mais seulement dans les salons) et quand je vois, j'apprends par la presse en manchettes énormes en remontant le boulevard St-Michel qu'il y a des inondations en Hollande, l'idée me vient que l'occasion est inespérée pour des jeunes Français, des jeunes étudiants, de montrer qu'ils ressentent cette catastrophe comme les touchant personnellement puisque membres de ce continent et que l'aspect apolitique de l'agression rendait plus facile une réaction de solidarité et de sympathie. Je suis alors entré dans un café et j'ai téléphoné avec un culot monstre en demandant à ce qu'on me passe le Président de la République Vincent AURIOL. Et, miracle (en quelque sorte), on me l'a passé. On me l'a passé car j'avais annoncé que j'étais Président de la CORPO et le Président AURIOL avait été Président de l'AG de Toulouse, ce qui créait bien sûr un lien entre nous. Le Président m'a dit " je dois m'en aller, qu'est-ce que je peux faire pour toi ? ". J'ai dit " Ben voilà, j'ai eu l'idée que nous allions en Hollande (etc.) mais nous n'avons rien, nous n'avons pas d'argent, nous n'avons pas… ". Il me dit " Ecoute, je m'occupe de tout ça, je passe les consignes à PLEVEN etc. et on va vous aider à faire ça ! ". Et ce qui a été je crois ce dont je suis le plus flatté, c'est qu'après avoir fait le recrutement, la sélection, l'équipement, j'ai pu amener sur le terrain en Hollande une unité de 40 volontaires équipée, autonome, c'est-à-dire ne demandant rien (contrairement à ce que font souvent ceux qui viennent en aide aux gens qui viennent mais à qui il faut tout fournir : il faut les loger, leur donner à manger, les soigner, etc.). Nous, nous étions autonomes et j'ai demandé au Ministre des eaux pour que notre geste soit vraiment ce qu'il voulait être : c'est-à-dire un geste hautement symbolique que nous allions dans l'endroit le plus dangereux qui se trouvait à ce moment-là être l'île de chouvenduvland en Zélande. C'est ce que nous avons fait et ensuite, après avoir travaillé durement pendant 15 jours sur les digues, dans l'eau, nous avons été invités dans les universités hollandaises (c'était un pays qui n'aimait pas beaucoup les Français) un peu comme des libérateurs et nous avons rendu en quelque sorte (et j'avais insisté pour que ça se passe ainsi auprès de ceux qui souhaitaient rentrer tout de suite en France après leur travail), j'avais dit " nous avons eu la chance de pouvoir faire ça grâce à la France, eh bien nous devons le lui rendre en quelque sorte par une ambassade. Il faut que notre geste soit connu. Il ne suffit pas de savoir faire, il faut faire savoir ".

> 1955 : Vous êtes le Délégué Général de l'Union de Défense de la Jeunesse Française…
> Oui, mais avant cela je suis parti en Indochine. Après avoir été à l'école d'officier de Saint-Maixent, je suis parti en Indochine dont je reviens (je suis parti au premier bataillon étranger de parachutiste comme sous-lieutenant et j'emmène d'ailleurs avec moi - c'est une des conditions que je mets à mon engagement - j'amène mes deux camarades PEYRAT - qui sera le Maire de Nice - et PETIT qui sera tué comme lieutenant en Algérie plus tard). Et c'est au retour d'Indochine que j'ai l'intention de me présenter aux élections, que je rencontre Pierre POUJADE qui me demande de le faire sous son égide et qui me confie immédiatement la direction d'une des 5 unions parallèles qui composait le mouvement POUJADE (avec l'union de défense des commerçants et artisans, l'union des paysans, l'union des familles, l'union des professions libérales et l'union des travailleurs) : l'Union de Défense de la Jeunesse Française. Et, c'est sous cette fonction que je me présente aux élections législatives comme candidat dans le premier secteur de Paris (le 1er secteur de la Seine) où après une campagne où l'on m'a envoyé contre tous les poids-lourds de l'établissement puisque j'ai été porter la contradiction à Besançon à Monsieur MAINGEOT qui est Ministre du Travail, à Nevers porter la contradiction à François MITTERRAND et à Lons-le-Saunier au Président du Conseil sortant Edgar FAURE, je suis élu Député de Paris donc à l'âge de 27 ans et je deviens si vous voulez en quelque sorte le leader du groupe parlementaire (puisque ce groupe est composé essentiellement de commerçants, d'artisans qui n'ont pas l'expérience que j'ai de la tribune). Je dois dire que je suis projeté tout de suite dans la position d'un leader parlementaire sous la pression en quelque sorte de la nécessité.

 

 

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