2e partie (suite logique de la
1re) : La vie estudiantine de Jean-Marie LE PEN
:
"Je n'étais pas un modèle
estudiantin au sens où le rêvent les familles
(...)"
> A 14 ans,
vous fûtes pupille de la Nation et vous obtîntes
un peu plus tard le statut de Boursier de l'Etat, ce qui
vous permît alors de suivre des études
secondaires à Vannes et Lorient (toujours dans votre
Bretagne natale). Vous êtes alors mineur pendant vos
études… et quelles études !
Diplômé d'études supérieures de
Sciences Politiques, vous êtes aussi licencié
en Droit… Un beau parcours que beaucoup aimeraient avoir
(dont moi je ne vous le cache pas). Ces
années-là vous ont beaucoup apporté
j'imagine…
> Oui. Je dois dire que le quartier Latin où
siégeait l'association dont j'ai été
après le Président était pour moi une
espèce d'Eldorado, de lieu magnifique et symbolique
mais la vie y était dure… Mais je retrouvais dans
cette association des camarades qui sont restés mes
amis et qui ont constitué en quelque sorte ma
famille, et je dois dire que cette fonction de
Président de l'association des étudiants en
Droit (avec les délégations qu'elle comportait
au Conseil d'Administration de l'UNEF, de la Mutuelle
Nationale des Etudiants de France dont j'étais un des
fondateurs) a été en quelque sorte mon
école politique (c'est là que j'ai appris
à m'exprimer, à défendre mon point de
vue et à choisir des options politiques que j'ai
suivies depuis : je n'ai pas changé depuis).
> Alors ces
années FAC furent aussi les années de vos
premiers succès électoraux puisque, vous le
souligniez, vous avez été élu à
cette époque Président des étudiants en
Droit de Paris mais aussi Président d'Honneur de la
CORPO…
> Oui, absolument. J'ai été
Président du Comité du bal du Droit, j'ai
été Trésorier de l'association
sportive, j'ai été membre du Comité du
PUC, enfin etc. Toutes sortes de responsabilités qui
constituaient autant d'approches en quelque sorte de la vie
sociale à travers les problèmes des
étudiants qui n'étaient pas minces à
l'époque puisque (en particulier ceux que je
fréquentais moi) étaient des étudiants
pauvres (encore que, à la CORPO, il y avait toutes
sortes de gens, il y avait aussi des gens qui ne
l'étaient pas et il y avait une fraternité,
une camaraderie, avec d'ailleurs un certain nombre de gens
qui sont aujourd'hui des hommes politiques quelquefois
d'options différentes des miennes). Par exemple :
j'ai été des camarades de DREYFUS-SCHMIDT et
puis de PONS, de Guy PENNE… J'ai eu Claude CHABROL dans mon
Comité de CORPO (rires) entre autres (mais il y en a
aussi beaucoup d'autres)… En un moment où, dans le
fond, le quartier Latin se disputait entre les Communistes
qui s'étaient emparés pratiquement de toutes
les associations à la Libération et la
réaction qui s'était faite et qui les a
progressivement éliminés de toutes celles-ci
à l'exception de La Sorbonne (c'est-à-dire de
la Fédération des Groupes d'études de
Lettres) dont d'ailleurs le Président était
à l'époque Emmanuel LE ROY LADURIE.
> Alors
là vos thèmes de campagnes n'étaient
sans doute pas les mêmes… Quels étaient-ils ?
Quel a été votre rôle en tant que
Président des étudiants en Droit ?
> Ben l'association avait un rôle social : elle
visait à défendre les intérêts
des étudiants. Il y avait à ce
moment-là une grande tendance qui était celle
du syndicalisme dont le Conseiller d'Etat BOUCHET
était un des leaders à l'époque
(à l'UNEF) qui d'ailleurs avait des options
internationalistes favorables à l'union
internationale des étudiants qui à
l'époque était à Prague (et qui
était alors présidée par un jeune - le
plus jeune je crois - député Communiste
Tchèque qui s'appelait Giri PELICAN qui a ensuite
d'ailleurs été élu Député
Européen en Italie je crois dans le cadre du Parti
Radical dont le Président est Marco PANNELLA). Marco
PANNELLA qui était un de mes copains de
l'époque et nous sommes restés amis depuis 50
ans bien que nous ayons des options politiques pratiquement
opposées sur presque tous les sujets : ce qui prouve
qu'à cette époque (mais il est vrai aussi
qu'avec les Italiens c'est plus facile), l'on pouvait ne pas
partager les options politiques et en même temps
entretenir des relations cordiales. Cette Gauche
universitaire définissait l'étudiant comme un
jeune travailleur intellectuel, souhaitait qu'on lui
donnât un présalaire : formes qui
évidemment étaient des formes socialistes pour
ne pas dire communisantes de la société… Et
bien sûr nous, qui étions des libertaires et
des patriotes, nous étions tout à fait
hostiles à cette manière de financer les
études : nous étions en faveur des Bourses, en
faveur des prêts d'honneur remboursables laissant aux
étudiants devenus des professionnels la
liberté de leur établissement, de leur
engagement et de leur profession.
> Ces
années FAC sont aussi pour beaucoup les
premières années de réelle
indépendance : comment était l'étudiant
LE PEN ? Etait-il un étudiant modèle,
très sage, plutôt appliqué (même
en dehors des cours) ? Etait-il au contraire plutôt
turbulent une fois sorti des murs de la FAC ? Enfin
savait-il rire, se détendre… et surtout, en avait-il
le temps ?
> Pas du tout. Je n'étais pas ce que l'on peut
appeler un modèle estudiantin au sens où le
rêvent les familles. C'est vrai que l'extrême
liberté qui était celle des études
supérieures (contrastant avec les rigoureuses
disciplines de l'enseignement secondaire) donnait une
espèce d'ivresse et nous compensions, il faut le
dire, notre pauvreté, notre manque de relations par
une vie assez joyeuse plus proche de celle de MURJAIRE que
de celle des énarques d'aujourd'hui (rires).
D'ailleurs nous portions à l'époque (comme une
espèce de défi) la faluche de velours, vous
savez, constellée d'insignes d'étudiants qui
était en quelque sorte la coiffure des
étudiants moyenâgeux (rires) et nous
étions les défenseurs des traditions. L'on
faisait beaucoup de choses (je faisais en même temps
du sport) mais je ne faisais pas de politique puisque
j'étais Président de la CORPO et qu'en
principe l'association était apolitique, mais enfin,
quand la politique nous assaillais, eh bien nous nous
défendions.
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